Acné adulte: l’approche globale qu’on ne vous a jamais proposé

Publié le 26 août 2025 .

Soin de la peau

L’acné. Ce mot évoque souvent l’adolescence, ses bouleversements hormonaux et ses éruptions cutanées. Et pourtant, nombreuses sont les personnes qui, à 25, 30 ou 40 ans, continuent de faire face à des boutons inflammatoires, douloureux, et parfois bien plus difficiles à vivre qu’à l’adolescence. L’acné adulte est une réalité frustrante, souvent mal comprise et dont la prise en charge se limite trop souvent à des traitements topiques ou médicamenteux isolés. Mais si l’on vous disait qu’il existe une approche globale, holistique, pour en venir à bout ?

Acné adulte

Comprendre l’acné adulte

L’acné adulte se manifeste généralement après l’âge de 25 ans et se caractérise par des lésions telles que des boutons rouges, papules, pustules, parfois kystes profonds et des comédons (points noirs, points blancs).

Elle se manifeste souvent différemment de l’acné adolescente :

  • Elle touche fréquemment le bas du visage (mâchoire, menton, cou), mais aussi le dos ou le décolleté. Elle peut cohabiter sur une peau qui, paradoxalement, peut être sèche ou mixte.
  • Les lésions sont le plus souvent inflammatoires et profondes, laissant potentiellement des cicatrices ou des marques pigmentaires.
  • Elle est souvent chronique, avec des périodes de poussées et de rémissions.

Connaître les déclencheurs globaux : une étape primordiale

Contrairement à l’acné adolescente où la puberté est le principal moteur hormonal, l’acné adulte est un puzzle dont les pièces peuvent être multiples et intriquées.

Déséquilibres hormonaux

Les fluctuations hormonales sont une cause majeure, notamment autour du cycle menstruel, pendant une grossesse ou en période de préménopause. Certaines femmes voient apparaître de l’acné après l’arrêt de la pilule.

Le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) est une cause majeure d’acné hormonale chez la femme, souvent accompagnée d’autres symptômes comme un hirsutisme (excès de pilosité) ou des cycles irréguliers.

Une sensibilité accrue ou un excès d’hormones masculines (androgènes) (1) stimule la production de sébum dans la peau favorisant ainsi la croissance de bactéries responsables de l’acné.

L’acné hormonale est l’affection la plus courante car elle touche 80% de la population au cours de la vie: 50% des femmes dans la vingtaine et 25% dans la quarantaine. Elle est souvent confondue avec une autre forme d’acné, l’acné fongique dont la particularité est d’être prurigineuse, c’est-à-dire qu’elle déclenche une inflammation du bas du visage occasionnant des démangeaisons.

Le stress chronique

Le stress n’est pas directement une cause d’acné, mais un puissant facteur aggravant. (2) Il stimule la production de cortisol, une hormone qui peut augmenter la production de sébum et favoriser l’inflammation de la peau. Le « stress-acné » est un cercle vicieux.

L’alimentation

Bien qu’elle ne soit pas la cause directe, de nombreuses études et observations cliniques suggèrent que certains régimes peuvent influencer l’acné.

En effet une alimentation riche en sucres raffinés à indice glycémique élevé et en produits laitiers peut aggraver les poussées d’acné chez certaines personnes en augmentant les niveaux d’insuline.

Les facteurs environnementaux et de vie

  • La pollution composée de particules fines peut irriter la peau et obstruer les pores.
  • Le tabac est connu pour altérer la qualité de la peau et peut favoriser l’acné comédonienne.
  • Le sommeil est essentiel à la régénération cellulaire et à la régulation hormonale.
  • L’utilisation de produits comédogènes ou trop agressifs (produits capillaires ou dermatologiques) peut obstruer les pores ou déséquilibrer la barrière cutanée, favorisant l’acné comédonienne (points noirs et blancs).

Facteurs génétiques

L’hérédité joue aussi un rôle : si vos parents ont souffert d’acné adulte, vous avez une prédisposition plus élevée.

Approche holistique : les piliers essentiels

Face à cette problématique complexe, une approche holistique se révèle être la stratégie la plus efficace. Plutôt que de se focaliser uniquement sur les symptômes cutanés et la rançon esthétique, une approche intégrative médicale et fonctionnelle permettra d’identifier l’ensemble des facteurs qui contribuent à son apparition et traiter les causes plutôt que les conséquences.

1. Rétablir et rééquilibrer la barrière cutanée

C’est souvent le premier niveau d’action, le maître mot “apaiser” plutôt que agresser.

  • Analyse précise de la routine skincare : abandonner les nettoyants décapants et les produits trop asséchants, trop acides. Vérifier la composition des produits y compris du maquillage et des solaires (perturbateurs endocriniens, parabènes, parfums…) afin de restaurer la barrière cutanée.
  • Adaptation des actifs pour traiter l’acné : en s’aidant d’un diagnostic de peau scientifique, tous les actifs dont on parle sur les réseaux sociaux ne sont pas forcément adaptés à votre acné. Il faut savoir les introduire progressivement en fonction de l’évolution de l’acné.
  • Procédures médico-esthétiques : les exobiotiques (technologie associant microneedling d’exosomes issus du microbiome cutané), soins du visage professionnels (HydrafacialCircadia ou science de la chronobiologie, Universkin avec microstepping de cosmétiques personnalisés), luminothérapie LED sont une aide précieuse pour limiter l’inflammation et rétablir l’équilibre de la barrière cutanée..
  • Hydratation et protection solaire : souvent oubliées dans la routine skincare, ce sont pourtant les indispensables pour rééquilibrer la barrière cutanée et éviter l’aggravation des marques post-acné et la pigmentation.

2. Rétablir l’équilibre hormonal et micronutritionnel

  • Déterminer les déséquilibres hormonaux pouvant conduire à l’acné 

Votre acné s’accompagne d’autres symptômes comme une trop grande pilosité (hirsutisme)  un bilan médical peut s’avérer nécessaire auprès d’un médecin  spécialiste (dermatologue, endocrinologue, ou gynécologue) pour détecter d’éventuels déséquilibres hormonaux (excès d’androgènes, SOPK) qui nécessiteraient une prise en charge spécifique.

  • Soutenir les systèmes de détoxification naturelle du corps ou émonctoires ( rein et foie).

On retrouve souvent dans la maladie acnéique, un épuisement des capacité d’élimination des hormones en excès par déséquilibre des mécanismes de glucuroconjugaison .

Cette réaction de phase II de la détoxification hépatique consiste à lier l’acide glucuronique à des molécules endogènes (comme les hormones) ou exogènes (médicaments, toxines) pour les rendre plus hydrosolubles et faciliter leur élimination par les reins ou la bile.

Concernant les androgènes (testostérone ou dihydrotestostérone  DHT), la glucuroconjugaison est la principale voie d’inactivation et d’élimination hormonale.

Si cette phase est déficiente (foie surchargé en toxines, de polymorphismes génétiques affectant les enzymes, ou carences en nutriments essentiels), les androgènes et leurs métabolites ne sont pas efficacement éliminés. Cela peut entraîner une accumulation d’androgènes bioactifs dans la circulation sanguine et entraîner des symptômes (hirsutisme, pilosité paradoxale …) (3)

Le soutien de cette “Détox“ peut être prescrite par un médecin fonctionnel et micronutritionniste spécialisé.

3. Rééquilibrer le microbiote intestinal

L’acné étant une maladie inflammatoire chronique du follicule pilo-sébacé traditionnellement attribuée à des facteurs hormonaux, génétiques, et à la bactérie Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes), de plus en plus de preuves suggèrent un rôle significatif du microbiome, à la fois cutané et intestinal.

Un déséquilibre de la flore intestinale, appelé dysbiose, est de plus en plus reconnu comme un facteur contribuant à l’acné. La dysbiose peut entraîner une production accrue de composés inflammatoires et affecter l’immunité, avec des répercussions sur la peau.

Plusieurs études ont montré une prévalence de la dysbiose intestinale chez les patients atteints d’acné sévère (4). Des recherches plus récentes continuent de souligner que la diversité du microbiote intestinal est altérée chez les personnes acnéiques (5).

La restauration de l’équilibre de la flore intestinale (6) peut amoindrir les mécanismes inflammatoires en partie responsables de l’acné.

Traiter un Leaky Gut Syndrome (Syndrome de l’Intestin Perméable) et les intolérances digestives : Le « leaky gut » est une condition où la barrière intestinale devient plus perméable que la normale, permettant aux toxines, aux particules alimentaires non digérées et aux microbes de « fuir » dans la circulation sanguine.

Cette perméabilité accrue déclenche une réponse immunitaire et inflammatoire systémique provoquant des phénomènes d’intolérances alimentaires.

En effet, la consommation de certains aliments (produits laitiers, gluten …) dans le cadre d’une intestin perméable peuvent être des vecteurs d’inflammation qui, chez certaines personnes, se traduisent par un excès de sébum et des boutons.

4. Optimiser la nutrition vers une alimentation anti-inflammatoire

Des études sur l’indice glycémique (7) ont montré que les régimes à faible charge glycémique peuvent être bénéfiques pour les personnes souffrant d’acné, suggérant que des aliments à IG élevé peuvent déclencher l’acné .

Privilégier légumes, bonnes graisses (oméga-3), protéines maigres, glucides à faible index glycémique. Réduisez les sucres raffinés, produits laitiers, et aliments ultra-transformés.

Une complémentation alimentaire ciblée après bilan médical micronutritionnel permettra de supplémenter les carences en oligo-éléments, réduire l’inflammation et soutenir l’immunité.

Il est important de comprendre qu’une complémentation alimentaire à l’aide de probiotiques à l’aveugle (auto-supplémentation) peut s’avérer au mieux inutile au pire contre-productive voire même dangereuse en cas de Leaky-gut syndrome.

Sources : 

  1. Serum levels of androgens in acne & their role in acne severity Pak J Med Sci. Usma Iftikhar
  2. Sebaceous glands in acne patients express high levels of neutral endopeptidase Experimental Dermatology. M. toyoda
  3. Oge, L. K., & Sahin, S. (2018). Androgen excess in women with acne: a practical approach. Acta Dermato Venereologica, 98(3), 297-301.
  4. Bowe, W. P., & Logan, A. C. (2011). Acne vulgaris, probiotics and the gut-brain-skin axis – back to the future?. Gut Pathogens, 3(1), 1.
  5. Lee, Y. B., Mo, Y., Kim, N., Lee, K. S., & Kim, C. Y. (2019). The Role of the Gut Microbiome in the Pathogenesis of Acne Vulgaris: A Narrative Review. International Journal of Molecular Sciences, 20(20), 5219.
  6. Volkova, L. A., Okovityi, S. V., & Pakhomova, V. V. (2001). Effect of lactic acid bacteria on the clinical course of acne vulgaris. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 15(6), 565-567.
  7. Katta, R., & Desai, S. P. (2014). Diet and dermatology: the role of dietary intervention in skin disease. The Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, 7(7), 46.

Article rédigé par le DOCTEUR HIND BENAKKI

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