Qu’est-ce que le mélasma ?
Le mélasma se manifeste par des taches brunes ou grises, aux contours irréguliers, localisées principalement sur le front, les joues, la lèvre supérieure et le menton.
Il existe trois types de mélasma, selon la profondeur des pigments :
- Épidermique : Les pigments sont situés dans la couche superficielle de la peau (épiderme). Ce type de mélasma répond un peu mieux aux traitements
- Dermique : Les pigments sont plus profonds (dans le derme). Plus difficile à traiter
- Mixte : Combinaison des deux types précédents
Le mélasma est plus fréquent chez les femmes (90 % des cas), surtout celles ayant un phototype foncé (III à VI sur l’échelle de Fitzpatrick). Il peut survenir pendant la grossesse, sous contraception hormonale, ou après une exposition solaire intense (1)
Le mélasma est une affection multifactorielle, influencée par :
- Les hormones : grossesse, contraception hormonale (pilule, stérilet), traitements hormonaux substitutifs (THS),dérèglements
- L’ exposition aux UV et à la lumière : les rayons UV stimulent la production de mélanine par les mélanocytes, la lumière visible (400-700 nm) joue aussi un rôle majeur, comme le montrent des études récentes (2)
- Une prédisposition familiale est souvent observée
- Le stress oxydatif et l’inflammation : les radicaux libres et les cytokines pro-inflammatoires aggravent la pigmentation.
- Certains médicaments : anticonvulsivants, antibiotiques (tétracyclines), antiépileptiques
- Les produits cosmétiques irritants : certains parfums ou conservateurs peuvent aggraver le mélasma
Une étude publiée dans MDPI (2025) a montré que la lumière bleue des écrans (smartphones, ordinateurs) pourrait aussi jouer un rôle dans l’aggravation du mélasma, en stimulant les mélanocytes (1)
Pourquoi le mélasma est-il si difficile à traiter ?
Le mélasma n’est pas une simple » tache solaire ”, mais le résultat d’une dérégulation des mélanocytes (cellules productrices de mélanine), associée à : une hyperactivité des mélanocytes (production excessive de mélanine), un transfert accru de mélanine vers les kératinocytes (cellules de l’épiderme), des altérations de la barrière cutanée favorisant la pénétration de facteurs irritants, une composante vasculaire (les vaisseaux sanguins jouent un rôle dans la persistance des taches)(2)
Même après un traitement efficace, les récidives sont fréquentes si les facteurs déclenchants (UV, hormones) persistent.
Les traitements peuvent être efficaces mais en pratique les médecins sont confrontés à de nombreuses problématiques :
- Résistance aux traitements topiques : les crèmes dépigmentantes (hydroquinone, acide azélaïque) peuvent être efficaces, mais les résultats sont souvent lents et incomplets. Il existe également un risque d’effet rebond (repigmentation après l’arrêt du traitement)
- Risque d’aggravation avec certains lasers : les lasers traditionnels (comme le CO2) ou les IPL peuvent stimuler une repigmentation (effet rebond). Seuls les lasers fractionnés non ablatifs de préférence en picoseconde ou les lasers à faible énergie (comme Moxi) sont aujourd’hui recommandés (3)
Malgré les progrès de la science en médecine esthétique, le mélasma reste difficile à traiter en raison de sa nature multifactorielle et récidivante. Cependant, les recherches récentes ont permis de mieux comprendre ses mécanismes et de développer des traitements innovants, combinant lasers, antioxydants topiques et approches personnalisées.
Le melasma nécessite une prise en charge globale et combinée comprenant un traitement par topiques ( cosmétiques avec des actifs soigneusement sélectionnés: acide tranexamique, acide azelaique, arbutine …) et mis en place précocement (1 mois avant tout laser) et longuement (au moins 6 mois), une protection solaire stricte (UV + lumière visible), un contrôle des facteurs hormonaux, et une réduction du stress oxydatif (antioxydants).
Quels sont les lasers efficaces en cas de Melasma ?
Laser fractionné en picoseconde Nd:YAG (1064 nm)
Ce laser fragmente les pigments de mélanine sans endommager la peau. Son efficacité est bonne pour le mélasma épidermique, mais moins pour le mélasma dermique. Ces limites sont le risque de rebond (repigmentation post-inflammatoire).
Une étude de 2023 a montré que l’association du laser Nd:YAG avec un sérum antioxydant (vitamine C, E, acide férulique) réduit les risques de repigmentation de 50 %(4).
Laser fractionné non ablatif (comme le Moxi)
Ce Laser stimule la régénération cutanée sans détruire l’épiderme, réduit les taches en 3 à 5 séances et améliore la texture et l’éclat. Il est adapté à tous les phototypes, y compris les peaux foncées, les suites sont simples rougeurs, desquamation pendant 3 -4 jours, il permet également une stimulation collagénique améliorant ainsi la fermeté de la peau .
Une étude publiée dans Journal of Cosmetic Dermatology (2025) a montré que 80 % des patients traités par laser Moxi + antioxydants topiques ont vu une amélioration durable de leur mélasma, avec un risque minimal de récidive (4).
Le mélasma est une affection complexe et tenace, mais les avancées récentes en dermatologie et en médecine esthétique offrent aujourd’hui des solutions efficaces et durables. Parmi elles, le laser Moxi associé à un sérum antioxydant se distingue comme une approche nouvelle pour réduire significativement les taches en quelques séances (5).
Une amélioration de la texture et l’éclat de la peau est constatée, il permet de minimiser les risques de récidive grâce à une action sur les causes profondes du mélasma. Il est préconisé d’associer le laser Moxi + Q-switched Nd:YAG à un antioxydant topique comme l’acide Férulique et oral avec l’acide tranexamique.
Après 6 mois les résultats constatés sont une réduction de 75 % des taches, une texture de peau améliorée sans récidive à 18 mois.
Une étude comparative publiée en 2025 a évalué l’efficacité du laser Moxi vs laser CO2 fractionné chez 60 patients atteints de mélasma.
Pour le laser CO2 : 60 % de réduction des taches, des rougeurs persistantes et un risque de dépigmentation ont pu être constatés, 30% des patients ont eu une récidive à 6 mois.
Pour le laser Moxi : 75 % de réduction des taches, de légères rougeurs durant 24-48h, 5 % de risque de récidive à 6 mois.
Le laser Moxi est plus sûr et plus efficace pour le mélasma, surtout en association avec des antioxydants.
En conclusion
Le mélasma n’est plus une fatalité, avec les bonnes combinaisons de traitements et un suivi régulier, il est possible de retrouver une peau uniforme et éclatante.
Une consultation spécialisée est nécessaire pour adapter le traitement au type de mélasma.
Une étude publiée dans Journal of Cosmetic Dermatology (2025) souligne que les patients ayant une approche multiforme (laser + antioxydants + photoprotection) ont 70 % de chances supplémentaires de voir leurs taches disparaître durablement.(6)
La patience et la rigueur sont nécessaires pour obtenir les meilleurs résultats et afin de contrôler le mélasma, il faut faire très attention au soleil, aux hormones et au stress oxydatif.
(1)Efficacy and Safety of Different Treatments for Melasma: Network Meta-Analysis of Updated Data », 2025.
(2)Targeting Melasma: Innovations in Pigment Deposition and Photoaging in Cosmetic Dermatology », 2026.
(3) An Update on New and Existing Treatments for the Management of Melasma », 2023.
(4)Effect of a topical antioxidant serum containing vitamin C, vitamin E, and ferulic acid after Q-switched 1064-nm Nd:YAG laser for treatment of environment-induced skin pigmentation », 2020.
(5)A Randomized, Investigator-Blinded, Split-Face, Controlled Trial Assessing Efficacy and Satisfaction of CE Ferulic Serum Following Nonablative Fractional Fraxel Laser Treatment », 2025.
(6)A Randomized, Investigator-Blinded, Split-Face, Controlled Trial Assessing Efficacy and Satisfaction of CE Ferulic Serum Following Nonablative Fractional Fraxel Laser Treatment for Photoaging Skin in Chinese Population », 2025.
(7)Tranexamic acid as a therapeutic option for melasma management: meta-analysis and systematic review of randomized controlled trials », 2024.